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Émouvante sortie du silence de l’histoire de l’Aigle D’Océan

Des survivants, des familles et des proches ont vécu beaucoup d’émotions en revivant à travers l’écran le terrible naufrage de ce navire du groupe Desgagnés, qui avait couté la vie à quatre membres d’équipage et deux employés de la Garde côtière, ébranlant tout le grand Charlevoix à l’époque.

Julien Tremblay était deuxième ingénieur à bord de l’Aigle d’Océan.

« Il faisait froid cette journée là, et la mer était agitée, il ne faisait pas beau du tout. Le bateau tanguait et était anormalement penché sur le côté. Après vérification dans la cale, qui était ensevelie par l’eau, le capitaine m’a dit, tu mets ton gilet et tu sors, on est train de couler. Je suis sorti et j’ai sauté dans le canot de sauvetage, qui a renversé. J’étais frigorifié après être tombé dans l’eau. Les gars m’ont remonté à bord. J’étais couché par terre et je ne voulais plus bouger, probablement en hypothermie. Slim (Pierre-Paul Bouchard), m’a roué de coups de pieds dans les côtes en me criant de me lever. J’ai obéi. Slim m’a sauvé la vie. 4 d’entre nous n’ont pas eu cette chance » se remémore Julien Tremblay, encore sous l’émotion, 40 ans plus tard.

Le sauvetage

C’est le brise-glace Norman McLeod Rogers qui a porté secours à l’équipage de l’Aigle D’Océan. Hubert Desgagnés, âgé de 21 ans à l’époque, commençait sa carrière dans la Garde côtière canadienne.

« En se rapprochant, on voyait très bien que le bateau avait chaviré. Les hommes étaient debout sur le côté de la coque. C’était intense, parce que c’était des gars de la « famille », du village de St-Jos, dont mon cousin, qui étaient en danger de mort. On a lancé une corde attachée après un bateau de sauvetage pneumatique. 4 des 6 hommes restants ont réussi à l’atteindre. Les deux autres sont tombés à l’eau. On a retrouvé leur corps peu de temps après » relate Hubert Desgagnés, qui a fourni beaucoup de ses connaissances et de ses souvenirs au réalisateur du film, Jean Bergeron.

Ce dernier, passionné du monde maritime, a obtenu des détails sur le naufrage de l’Aigle D’Océan grâce à la loi sur l’accès à l’information. « C’est resté très secret », dit-il en entrevue.

« C’est une question politique. Vous découvrirez dans le film pourquoi ça a été tenu secret, ce naufrage. Cela dit, c’est une histoire terrible, mais fascinante, qui met en lumière des héros et une force d’équipe extraordinaire » résume monsieur Bergeron au micro.

Photo courtoisie Alpha-Zoulou Films

« Naufrage dans L’Ungava » devrait être présenté à Canal D dès le début de l’année 2016. Bande-annonce officielle ici.

La soirée en images

Une maquette du navire produite par Sylvain Desgagnés

Des survivants, témoins, acteurs, proches des hommes impliqués dans le naufrage et Jean Bergeron devant

La veuve de Nick, décédé à bord de l'hélicoptère de la Garde côtière lors du sauvetage, est soulagée d'en avoir appris plus sur les circonstances du décès de son mari, alors qu'elle était enceinte de son deuxième enfant en 1975.

Plus de 150 personnes ont participé au cockatil qui précédait la projection

Le célèbre Pierre Marcotte animait la soirée