Démissions et milliers de patients délaissés : une médecin de Charlevoix tire la sonnette d’alarme
Date : 28 nov. (10H29)
La médecin qui pratique aux Groupes de médecine familiale (GMF) de La Malbaie et Clermont dresse un portrait inquiétant de la région alors que des démissions ont été déposées, dont un chef de l’urgence et un chef de la médecine générale, et que des retraites anticipées et des départs précipités sont encore sur la table. La pression qui est mise sur le système de santé est énorme, remarque-t-elle.
« Ce sont plusieurs milliers de patients qui sont délaissés », affirme Dr. Deschênes. Ce n’est toutefois pas de gaieté de cœur qu’elle le remarque. C’est le projet de loi 2, adopté sous bâillon par le gouvernement de la Coalition Avenir Québec, qui est responsable et qui doit être éliminé complètement des discussions, selon elle.
« Il n’y a rien à négocier », dit-elle, jugeant que la démarche sans consultation justifie les demandes des médecins de retourner à la case départ. C’est seulement ensuite qu’il sera possible de parler d’un changement du mode de rémunération « de bonne foi ».
À savoir ce que le système de santé a « réellement besoin », Dr. Deschênes livre une réponse qui témoigne de la difficulté d’accès aux soins « secondaires » pour les citoyens, de même que la surcharge des infirmières et le manque de formation médicale des secrétariats.
On s’est sentis considérés comme des « bon-rien » qui ne travaillent pas assez et qui gagnent trop. « Les troupes ne vont pas très bien, c’est un état de choc qui ne passe pas », décrit-elle. « On aime nos patients et on ne veut pas s’en aller, mais le contexte n’en est pas un dans lequel on veut vivre ».
