Déclin du caribou : les activités humaines en cause plus que le climat
Date : 6 oct. (6H01)
D’après les conclusions de la recherche publiée la semaine dernière dans la revue scientifique Global Change Biology, seulement 17 % de cette réduction serait attribuable aux changements climatiques.
Yan Boulanger, chercheur en écologie forestière à Ressources naturelles Canada et co-auteur de l’étude explique qu’en 1850, le caribou était présent plus au sud du Québec jusqu’au nord des États-Unis. En 160 ans, les populations se sont déplacées vers le nord « à une vitesse vraiment importante. On parle d’environ 620 km », précise le spécialiste.
L’étude présentée est novatrice par l’utilisation de données climatiques et historiques permettant de retracer le cervidé, d’après Yan Boulanger.
Il confirme que le climat actuel de Charlevoix est favorable pour accueillir des caribous alors que le cheptel n’en compte que 31.
« On a la responsabilité légale et l’obligation de préserver le caribou qui est sur une liste d’espèces en péril », plaide le chercheur. L’animal a le statut de « menacé » en vertu de la Loi sur les espèces en péril depuis 2002.
De plus, le caribou est une espèce parapluie, c’est-à-dire que l’étendue de son territoire, s’il est conservé, permet de protéger d’autres bêtes essentielles au bon fonctionnement de l’écosystème.
Yan Boulanger affirme que des « mesures gagnant-gagnant » sont possibles pour maintenir l’habitat du caribou et pour l’industrie forestière.
La prochaine étape est de vérifier l’impact des changements climatiques sur « l’enveloppe climatique du caribou ». « Des études démontrent que malgré des changements climatiques très importants, les activités humaines à l’intérieur d’une forêt vont demeurer un élément très important pour la réduction de la qualité de l’habitat du cervidé », spécifie Yan Boulanger. D’autres analyses restent encore à faire.
Rappelons que le gouvernement du Québec devait initialement présenter sa stratégie de réinsertion du caribou en juin, mais l’annonce a été reportée suite aux feux de forêt cet été.
L’étude complète est disponible (en anglais) en cliquant ici.

