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Permis de démolition du Gîte au Clocheton : « On ne le fait pas de gaieté de cœur », affirme Michaël Pilote

Écrit par Emma Jaquet Date : 12 fév. (20H28)
À la une Baie-Saint-Paul
Le conseil municipal de Baie-Saint-Paul a rendu sa décision dans le dossier du Gîte au Clocheton lundi soir en séance municipale et délivre un permis de démolition.

« Une décision qui est réfléchie », a déclaré le maire Michaël Pilote. « Ce soir, quand je vais me coucher, je vais avoir l’impression du devoir accompli », a-t-il ajouté.

Le maire Pilote a réitéré que la ville s’était penchée sur différentes options. « On a essayé plein de choses. Les propriétaires ont fait une mise en vente. On en vient à la conclusion que tout a été essayé. On ne le fait pas de gaieté de cœur », a déclaré l’élu.

Le maire Pilote a parlé de travaux de près de 1 million de dollars pour le 50, rue Saint-Joseph qui a été durement touché par les inondations du 1er mai 2023. « C’est très imposant. Arrivé avec ces montants, il faut être réaliste ». Michaël Pilote s’est dit sensible à la protection du patrimoine, il en fait d’ailleurs toujours une priorité, mais prend aussi en considération que « des gens habitent » dans ce bâtiment patrimonial.

La propriétaire, Johanne Robin, a pris la parole à la période de questions. Émotive, elle s’est dite soulagée de la décision prise. « Que dire après tous ces mois dans l’insécurité et le néant. Enfin les élus de la ville ont réfléchi, ont lu, ont écouté et ont pris la seule décision censée en fonction des coûts », a-t-elle déclaré. Mme Robin pourra ainsi obtenir l’allocation de départ de la Sécurité publique.

Des délais de 90 jours sont toutefois à prévoir. Le dossier sera présenté à la MRC de Charlevoix. Michaël Pilote confirme que des discussions entre les propriétaires du gîte et d’autres personnes ont eu lieu dans les dernières heures. « S’il y a un autre scénario, on serait content », a confié le maire de Baie-Saint-Paul.

Le dossier du 50, rue Saint-Joseph traînait depuis plusieurs mois. En janvier dernier, le conseil municipal n’avait pas pu statuer puisque le ministère de la Culture et des Communications avait demandé un report du dossier alors que certains documents étaient manquants comme le carnet de santé.

La propriétaire, Johanne Robin, avait choisi de faire appel de la décision du comité de démolition qui refusait sa demande. En octobre dernier, elle clamait avoir tous les documents en main pour autoriser la démolition depuis le 28 août dernier.

Yves Giroux demande du soutien au conseil et s’inquiète pour le quartier

Le sinistré de la rue Saint-Joseph, Yves Giroux, était présent à la séance de lundi soir. Il s’est dit inquiet du sort du quartier, si plusieurs permis de démolition finissent par être délivrés. Considérant, notamment, les nombreux coûts non-couverts par la Sécurité publique, M. Giroux croit que les propriétaires de maisons immunisées pourraient être soutenus davantage par les différentes instances.

« Au départ, on a eu le bon soutien de la ville pour les permis. On a signé avec Sécurité publique en disant qu’on s’engageait a surélevé la maison », a déclaré l’homme. Il a affirmé être « dans le flou complet ». « La santé financière, mentale commence a tomber à terre », a confié M. Giroux devant une salle du conseil remplie de citoyens.

Le maire a confirmé que la ville regardait les possibilités d’avoir une ressource pour accompagner les gens.

« Chaque maison qu’on garde sur la rue [Saint-Joseph], c’est une victoire. On va vous appuyer du mieux qu’on peut. On est loin d’être parfait. La gestion du rétablissement est plus complexe que la gestion d’urgence », s’est adressé l’élu au citoyen.

Photo  : archives