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« On a l’impression qu’on rit de nous » : la SNAP Québec déplore l’absence de recommandations pour la préservation du caribou

Écrit par Emma Jaquet, IJL - CIHO FM Charlevoix Date : 24 nov. (5H00)
À la une Environnement
Radio-Canada rapportait mercredi que les rapports attendus pour les projets pilotes pour les hardes de caribous de Charlevoix et de la Gaspésie ne sont toujours pas achevés et qu’aucune échéance n’est prévue.

« C’est certain qu’on n’est pas très contents », déclare d’entrée de jeu Pier-Olivier Boudreault, biologiste et directeur de la conservation pour la Société pour la nature et les parcs (SNAP) – Québec. « On a un petit peu l’impression qu’on rit de nous. Ce n’est vraiment pas agréable », ajoute l’intervenant en entrevue avec le FM Charlevoix.

Des consultations publiques avaient eu lieu en 2024 concernant ces projets-pilotes et devaient aboutir en un rapport qui, selon le ministère de l’Environnement, comprendrait un résumé des informations. Toutefois, aucune recommandation ne serait émise, peut-on lire dans l’article de Radio-Canada.

Pour Pier-Olivier Boudreault, cette situation n’est pas raisonnable.

Pier-Olivier Boudreault ne voit aucun avantage à attendre d’autant plus que l’habitat du caribou est perturbé à 90 %. En juin dernier, l’ex-ministre de l’Environnement, Benoit Charette, affirmait qu’il était trop tôt pour la réinsertion des caribous et qu’il fallait s’offrir la marge de manœuvre « pour la reconstituer, la renforcer ».

Selon le biologiste, des solutions existent comme la restauration avec le reboisement des chemins forestiers ou en en fermant quelques-uns. La SNAP Québec plaide pour l’élaboration d’un plan de match alors que des projets comme le parc éolien Des Neiges-Secteur Charlevoix continuent d’aller de l’avant.

Le biologiste de la SNAP Québec fait un comparatif avec le projet de loi 97 sur le régime forestier abandonné par le gouvernement. « On a fait les choses à l’envers. On a proposé de donner des zones prioritaires à l’industrie avant de délimiter les zones de conservation », précise Pier-Olivier Boudreault.

La préservation du caribou a été maintes fois repoussée depuis les dernières années. M. Boudreault craint que les tarifs douaniers deviennent « une excuse » pour repousser une fois de plus le dossier. « Ça prend un leadership gouvernemental », estime-t-il ajoutant laissé « la chance au coureur » alors que le ministère de l’Environnement, Bernard Drainville est en poste depuis quelques mois seulement.

« Il faudrait carrément faire une cellule de crise pour le caribou », illustre Pier-Olivier Boudreault.

« Dans d’autres entrevues, le ministre dit qu’il allait parler à son homologue [des Ressources naturelles] et des Forêts. Nous c’est ça qu’on encourage. Il faut absolument que ces deux ministères se parlent », croit le biologiste.

Photo : archives – Dominic Grenier – MELCCFP – La harde de caribous compte maintenant 39 bêtes.