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Rock Boulianne n’est pas contre le retour du train de marchandise, mais il a ses doutes

Écrit par Kevin Vallée, IJL - CIHO FM Charlevoix Date : 23 fév. (12H21)
À la une Clermont
Le fondateur de Solugaz, Rock Boulianne, garde un « souvenir douloureux » de la cessation des activités du train de marchandise, dans Charlevoix. Aujourd'hui, le président-directeur général de l'entreprise clermontoise se prononce en faveur d'une relance du transport de marchandises par la voie ferrée, bien qu'il émet certains doutes quant à sa faisabilité.

En 2004, Solugaz investissait 500 000$ dans l’acquisition et la rénovation de leur bâtisse actuelle, à Clermont, et 500 000$ additionnels pour les infrastructures de rail. 16 mois plus tard, l’impact des marées a entraîné la fin des opérations et CN a éventuellement mis la clé dans la porte, vendant l’infrastructure à un groupe mené par Daniel Gauthier.

L’entreprise a passé plus de dix ans sans transport ferroviaire avant d’investir plus de 15 millions de dollars dans un nouveau terminal ferroviaire à Saint-Augustin-de-Desmaures, où transitent 800 wagons par année. Même si le train de marchandise devait revenir dans Charlevoix, la porte est maintenant fermée chez Solugaz. « On est complètement ailleurs », tranche-t-il lors d’une entrevue dans le Grand Réveil de Charlevoix.

Ceci étant dit, Rock Boulianne supporte le projet et considère qu’il serait bénéfique pour la région :

« J’ai de la misère à y croire », analyse toutefois M. Boulianne. Les rails étaient déjà fragiles, au milieu des années 2000, soutient-il, et le transport de matières dangereuses constituait un certain enjeu. Le PDG de Solugaz est d’avis qu’une remise aux normes du tablier ferroviaire représenterait plusieurs millions de dollars d’investissement et que la vitesse réduite imposée à un train de marchandise peut entraîner des questionnements sur la rentabilité de l’opération.

Ce dernier conserve d’ailleurs un goût amer de ce dossier. « On était une goutte d’eau dans l’océan », met-il de l’avant, se remémorant un manque de support des acteurs économiques et politiques de l’époque. Cette situation a mené à de lourdes pertes et une perte de vitesse pour le développement de Solugaz :

Une étude lancée par la MRC de Charlevoix-Est et Réseau Charlevoix

Une firme indépendante réalisera une étude au profit de la MRC de Charlevoix-Est sur l’intermodalité sur le territoire, incluant donc le retour possible du train de marchandises. L’intérêt et les besoins des entreprises seront notamment pris en compte, dans un contexte où le conseil souhaite pousser le développement économique de la région. Une analyse exhaustive des infrastructures et de leurs capacités sera déposée aux élus.

De passage sur les ondes du FM Charlevoix, le préfet de la MRC, Michel Couturier qualifie le tout d’« outil » et note que l’équipe de la MRC ira jusqu’au bout de la question. « On a un aéroport, un quai en eau profonde et une longue tradition de transbordement », analyse-t-il. « Pourquoi si ça s’est déjà fait, pourquoi ça ne se ferait pas? ».

Concernant l’état du rail, M. Couturier affirme que ce sera à Réseau Charlevoix de répondre. « C’est toujours une question économique et mathématique, donc [les chiffres], c’est le plus important ».

Le Sentier de la Rive n’a pas le support de la MRC de Charlevoix-Est

Questionné quant au sondage du Groupe Sentier de la Rive, qui souhaite s’installer sur le chemin de fer dans l’éventualité où les activités du train touristique cesseraient, Michel Couturier affirme que cela est plus facile à dire qu’à faire, rappelant que ce sera au CN de trancher, lui qui deviendrait propriétaire de la voie ferrée dans un tel scénario. « Les coûts d’un démantèlement sont importants et font en sorte que c’est très difficile et très long. Ça ne se ferait pas en claquant des doigts. » Tant que le rail sera en fonction, avec ou sans le Train de Charlevoix, il s’agit d’une « richesse » pour la région, selon le maire de La Malbaie.