« Le communautaire à boutte ! » : des organismes de Charlevoix se joindront à la « grève historique »
Date : 24 fév. (5H00)
Né en Mauricie, plus précisément à Shawinigan et dans la MRC de Mékinac, Le communautaire à boutte! visait d’abord à revendiquer des conditions de travail adéquates et un financement suffisant aux organisations de cette région.
Le cri du cœur a rapidement trouvé écho ailleurs au Québec, au point où plus de 1000 organismes comptent mener des actions de visibilité et de contestation partout dans la province. Un rassemblement massif est aussi prévu devant l’Assemblée nationale le 2 avril prochain.
« On y sera », confirme Lucie Carré, directrice générale de l’Éveil. Cette dernière a accepté l’invitation générale lancée par le Centre Femmes Aux Plurielles et sa directrice Karine Harvey, qui a cru bon d’implanter le mouvement dans la région vu son nombre important d’organismes agissant quotidiennement dans la communauté.
Dans la région, les deux intervenantes s’entendent sur le fait que le financement « par projet » est une des plus grandes sources de mécontentement. Selon Lucie Carré, cette méthode de fonctionnement amène une lourdeur non sollicitée aux organismes :
Pour Lucie Carré de l’Éveil, le mot « grève » n’est pas un mot que l’on souhaite nécessairement utiliser, même si c’est ce qui fait réagir. Elle préfère plutôt utiliser le terme mobilisation, puisqu’il se rapproche davantage de la réalité que vivront les clients dans les deux semaines visées.
En effet, il est prévu de réduire les services du 23 mars au 2 avril pour démontrer que le filet social de la région ne tient à pas grand-chose. À l’Éveil, on compte limiter à 30 minutes les consultations, contre une heure habituellement, en plus de ne traiter que les demandes jugées urgentes.
Au Centre Femmes Aux Plurielles, des activités gratuites à longueur d’année auront un coût d’entrée. Le café et les galettes, fournies gratuitement, ne le seront plus. Des gestes qui peuvent sembler anodins, mais qui pourraient devenir réalité si la tendance s’aggrave. Karine Harvey en profitera pour mener des activités de sensibilisation autour de la thématique.
D’autres organismes se joindront au mouvement au cours des prochains jours. C’est le cas de La Marée, dont le conseil d’administration se prononcera sous peu sur la question, nous indique la directrice Catie Bergeron.
Selon le calcul du Centre Femmes Aux Plurielles, afin d’offrir un plein service sur l’ensemble de son territoire, dont à Saint-Siméon et Baie-Sainte-Catherine, 365 jours par année avec six employés « au salaire décent », le manque a gagné est de 145 000 $. L’organisme bénéficie actuellement de 248 000 $ du Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC) du gouvernement du Québec.
