Communautaire à boutte : 15 organismes adoptent un mandat de grève dans Charlevoix
Date : 23 mars. (11H49)
Aidons-Lait, le CALACS, Centr’Hommes, l’Éveil, le Centre des femmes, le Centre femmes aux plurielles, Évolution Charlevoix, La Marée, Genesis, Vision d’Espoir, le Service d’aide communautaire de Charlevoix-Est, le Centre d’action bénévole de Charlevoix, le Mouvement Action-Chômage, la Maison des jeunes de Notre-Dame-des-Monts, des Éboulements et Mains de L’Espoir ont tous adopté un mandat de grève pour dénoncer un manque de financement, de reconnaissance et de protection de l’autonomie des organismes de Charlevoix.
Parmi les nombreuses requêtes, celle de mettre fin au financement « par projet » est au sommet de la liste, à en comprendre le témoignage de plusieurs directeurs en point de presse lundi. « Les projets, c’est de la surcharge. On n’en veut pas de projet, on veut être financé à la mission, c’est ça qu’on revendique. On décidera nous des projets qu’on veut mettre en place, c’est nous les experts », a indiqué Sophie Fortier-Mallette, coordonnatrice au CALACS et porte-parole de la cellule Charlevoix du Communautaire à boutte, une réalité partagée par Lucie Carré de l’Éveil, également porte-parole du mouvement :
La ministre responsable de l’Action communautaire et de la Solidarité sociale, Chantal Rouleau a rétorqué à la mobilisation en soulignant que le gouvernement n’a jamais autant investi dans le milieu communautaire. Il faut dire qu’au récent budget, un rehaussement de 100 M$ sur cinq ans pour les organismes financés au Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC) a notamment été annoncé par le ministre Éric Girard.
La somme est toutefois qualifiée de « nettement insuffisante » puisqu’elle ne représente que 6000 $ de plus par année pour les 4000 organismes de la province. Dans une crise de l’inflation importante qui perdure depuis les années pandémiques, les organismes de la région ont vu une explosion des demandes pour leurs services. La réalité territoriale de Charlevoix oblige aussi à se rapprocher de la clientèle en ouvrant plus d’un point de service, générant des dépenses supplémentaires, comme l’explique Sophie Fortier-Mallette :
Lucie Carré croit que la mobilisation, qui affectera en partie les services des organismes impliqués, aura également un impact sur les services publics. « Le CIUSSS, je peux vous dire qu’ils étaient sur les nerfs la semaine dernière. Ils le savent que c’est chez eux que ça va déborder », a-t-elle avancé.
La directrice de l’Éveil a même dévoilé son salaire annuel en pleine conférence de presse pour prouver que la mobilisation n’est pas simplement une question d’augmentation salariale. « Dans le réseau public, peut-être que je pourrais gagner 120 000, 130 000 $. Mais moi, Lucie Carré, avec toute mon expérience, je fais 82 000 $ et je suis peut-être la mieux payée ici, a-t-elle dit en regardant la trentaine d’intervenants dans la salle. Donc qu’on ne vienne pas me dire qu’on vient ici pour revendiquer des salaires » :
Les travailleuses et travailleurs du milieu communautaire arboreront fièrement une bande en tissu de couleur rouge sur leur bras tout au long de ces presque deux semaines de mobilisation. « On est dans le rouge », a simplement résumé Mme Carré sur la symbolique.
Le calendrier est chargé pour les organismes participants. Outre une tournée des médias, trois journées de grève sont prévues les journées du 25, 26 et 27 mars. On prévoit quelques coupures de services, mais aussi des activités thématiques pour sensibiliser la clientèle des défis quotidiens. Un groupe ira aussi à la rencontre de la députée Kariane Bourassa à son bureau de la Côte-de-Beaupré pour faire valoir leur revendication. Une marche est prévue le mardi 31 mars, ainsi qu’une action « éclat » le mercredi 1er avril. Le jeudi 2 avril, deux autobus partiront de Charlevoix pour participer à la manifestation « historique » devant l’Assemblée nationale.

