« On est toujours au point de départ » : le ton monte dans le dossier du Lac Nairne
Date : 11 juin. (5H00)
La demande suit l’annonce du conseil municipal qui a indiqué que la présence du myriophylle à épis, la plante aquatique exotique envahissante trouvée dans le lac l’été dernier, était plus importante qu’anticipée, selon les informations fournies par l’entreprise Fyto, responsable de son retrait.
Une demande à laquelle le conseil municipal n’a pas souhaité répondre dans l’immédiat par manque de donnée, ce qui a suscité un mécontentement dans la salle. « Quand je reçois mon compte et que j’ai une augmentation au niveau que j’ai eu cette année, quand je sais que la municipalité a un surplus cumulé de plus de 2 millions $, je m’attends à ce que la municipalité prenne les bonnes décisions. […] Vous faites des choses, mais ce n’est pas à la vitesse de l’urgence que représentent les problèmes qu’on a », a commenté François Tremblay, un résident du secteur. Ce dernier a comparé la valeur foncière des résidences du Lac Nairne pour la municipalité à ce qu’est la « Donohue » pour Clermont, comme quoi la municipalité a intérêt à ce que le lac demeure en santé.
Une volonté commune de la mairesse Jo-Annie Boulianne. L’élue arrivée en poste en novembre 2025 a toutefois tenu à défendre la table de conseil, soulignant que du travail était fait pour rechercher des solutions :
La municipalité a adopté son règlement pour encadrer le lavage des embarcations avant leur mise à l’eau. L’obligation de laver une embarcation avant et après sa sortie du Lac Nairne en fait partie, tout comme pour le lac Antoine, Rat-Musqué, Long, Pied-des-Monts, Sainte-Marie et Brûlé. Il sera aussi impossible de transférer d’un lac à l’autre sans autorisation et les propriétaires de bateaux de sports nautiques et les engins à sustentation hydropropulsé devront présenter une preuve de lavage d’une entreprise reconnue dans un délai de moins de 48 heures. Tous contrevenants pourront être passibles d’amendes pouvant aller jusqu’à 2000 $.
L’APELN demande toujours à être davantage impliqué
De son côté, l’APELN déplore toujours un manque de transparence dans le partage des informations par la municipalité, notamment auprès de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) avec qui elle n’aurait plus de contact.
« C’est l’Association qui a fait venir l’INRS [au moment de l’éclosion d’algues bleues]. Nous avons établi un laboratoire dans une maison pour qu’il puisse faire les prélèvements et les analyses. On a invité la municipalité à venir les rencontrer. Personne n’est venu et on ne nous a pas réadressé la parole pendant 4 mois », a évoqué Simon Cloutier en période de questions.
« Oui vous travaillez sur le lac, mais la question est de savoir comment vous travaillez sur le lac. Depuis deux ans on s’efforce de mettre en place un comité d’action, ça ne fonctionne toujours pas aujourd’hui et ce n’est pas faute d’avoir essayé, avec l’administration précédente, avec votre administration. On est toujours au point de départ […] Si vous avez l’intention, bien travaillez avec nous et on va pouvoir avancer », a-t-il renchéri.
À ce niveau, l’APELN a invité la municipalité à répondre présente dans sa plus récente initiative. L’organisation affirme avoir signé un contrat avec le Regroupement des associations pour la protection de l’environnement des lacs et des bassins versants (RAPPEL) pour une analyse complète des données amassées dans le dossier du Lac Nairne dans l’optique d’établir les priorités d’action dans le dossier du phosphore, du myriophylle à épis et. Une chargée de projet s’amènera en septembre sur le territoire pour récolter les informations et questionner les différents groupes impliqués, dont la municipalité, la MRC et l’OBV. Le mandat visera également à déterminer quelles données supplémentaires ces groupes pourraient aller chercher pour bonifier la compréhension de la situation du lac.
La municipalité, qui a été mise au fait de la démarche dans une récente rencontre avec l’APELN, devrait confirmer si elle souhaite s’y joindre la semaine prochaine. À savoir pourquoi l’APELN a souhaité aller de l’avant sans l’aval du conseil, Simon Cloutier répond « parce qu’on ne peut plus attendre ». « C’est sûr qu’on a besoin d’eux, mais il faut qu’on avance », conclut-il.
Le président de l’APELN sera sur nos ondes à 7 h 15 jeudi matin. En raison d’un conflit d’horaire, la mairesse Jo-Annie Boulianne n’était pas en mesure de participer à notre émission.

