Armement des contrôleurs routiers : des délais trop longs, mais Charlevoix serait prioritaire
Date : 3 août. (5H00)
Récemment, la FCCRQ a interpellé le ministre par l’entremise de ses réseaux sociaux en publiant une vidéo troublante qui a généré plus de 1,5 million de vues. On y voit un chauffeur de poids lourd reculer sur l’autoroute 20 afin de reprendre la sortie menant au poste de contrôle routier de Saint-Mathieu-de-Beloeil, une manœuvre dangereuse qui lui a valu une amende de plus de 1 300 $, quatre points d’inaptitude ainsi que la suspension immédiate de son permis de conduire pour une période de sept jours.
L’enjeu, selon le syndicat, est que les contrôleurs routiers, n’étant toujours pas armés, n’auraient eu aucun pouvoir d’intervention si le conducteur avait simplement décidé de poursuivre sa route. Dans un tel scénario, seule une amende aurait pu être émise, comme l’explique le président du syndicat, Jean-Claude Daigneault :
« Malheureusement, ce n’est pas un cas isolé », ajoute Jean-Claude Daigneault. En plus de cette réalité, l’absence de poste de pesée sur le territoire de Charlevoix fait en sorte que la région demeure vulnérable, estime-t-il.
Il affirme toutefois qu’une note interne de la FCCRQ indiquerait que les contrôleurs routiers de la grande région de Québec, qui sont également responsables du territoire de Charlevoix, seraient les premiers à être armés.
Le problème, c’est qu’aucun échéancier n’a encore été fourni par le gouvernement du Québec, alors que les premières prévisions faisaient état d’un début du déploiement de l’armement au cours des premiers mois de 2026.
« C’est trop long et on n’a aucune idée quand on va les voir retourner sur le terrain », déplore le président.
« C’est certain qu’entre la volonté ministérielle et ce qui se met en place sur le terrain, il y a toujours deux réalités », conclut M. Daigneault.
Mentionnons que le ministre de la Sécurité publique et vice-premier ministre, Ian Lafrenière, a commenté la vidéo directement sur la page de la FCCRQ. Il a rappelé que les démarches étaient bien entamées et que 89 contrôleurs routiers avaient maintenant reçu leur formation et étaient prêts à porter une arme.
Le ministre souligne également que le Tribunal administratif du travail avait formulé 27 recommandations dans son jugement de mars 2025. Cette décision avait notamment retiré les contrôleurs routiers du réseau routier jusqu’à ce que le gouvernement et la SAAQ mettent en place les conditions nécessaires pour permettre le port d’arme.
« Depuis février, nous faisons tout pour retourner des contrôleurs sur la route, et cela doit se faire dans le respect des décisions du Tribunal administratif », indique Ian Lafrenière.
PHOTO – Crédit – Fraternité des constables du contrôle routier du Québec – FCCRQ

