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Dénoncer la violence conjugale : « Je l’ai fait pour sauver ma vie »

Écrit par Emma Jaquet, IJL - CIHO FM Charlevoix Date : 20 août. (5H00)
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Après s’être libérée de l’emprise de son ex-conjoint, une femme ayant quitté Charlevoix a choisi de prendre la parole. Aujourd’hui, Sandy Bonenfant souhaite raconter son histoire pour prévenir d’autres cas de violence conjugale.

Septembre 2022. Sandy Bonenfant déménage dans Charlevoix. Elle y a trouvé un emploi comme cheffe cuisinière. Après une rencontre en ligne avec Léo-Paul Imbeault quelques mois plus tard, une amitié naît entre eux. Le duo se met en couple en décembre 2023.

Le 4 juin 2024, Sandy Bonenfant décide que s’en est assez. Elle interpelle les autorités policières. S’en suit un « long cheminement » jusqu’à la sentence, en juillet 2026. Six mois de prison avec sursis pour Léo-Paul Imbeault et plusieurs conditions à respecter jusqu’à 36 mois après sa condamnation.

Les faits lus en Cour révèlent que les gestes dénoncés se seraient déroulés en août 2023 alors que des coups et des menaces ont été portés à l’encontre de Mme Bonenfant.

Aujourd’hui, c’est un message d’espoir que veut porter Sandy Bonenfant. « Ce n’est pas vrai qu’une victime va garder le silence », soutient-elle. Elle a vu la sentence de son agresseur comme « un certain soulagement ».

Sandy Bonenfant n’a jamais pu regagner son logement. Un dossier est d’ailleurs ouvert au Tribunal du logement pour dédommagements et intérêts.

La maison La Montée « m’a sortie du silence »

La jeune femme a obtenu l’aide de la maison d’hébergement La Montée. « J’étais à la rue. Je vivais dans mon auto. Je n’avais plus de vêtements. Je n’étais plus capable de travailler », soutient Sandy Bonenfant. Avec l’accompagnement des intervenantes, elle a finalement pu porter plainte contre son ex-conjoint. Elle estime que l’organisme l’a « sortie du silence ».

Sandy Bonenfant encourage vivement les femmes à demander de l’aide. Malgré la peur, la jeune femme a entamé son processus judiciaire pour se libérer d’un poids. « J’avais su entre les branches qu’il y avait quelqu’un d’autre. J’ai voulu aider cette femme. C’est ce qui m’a vraiment encouragé », précise-t-elle. « Je l’ai fait pour sauver ma vie ».

« Le temps arrange bien les choses. Il faut se donner le temps de respirer. Il faut accepter certaines choses », estime Sandy Bonenfant.

Elle espère que le contrôle coercitif soit reconnu par les institutions et que les autorités policières soient mieux formées pour soutenir les victimes de violence conjugale.

Si vous ou une de vos proches avez besoin d’aide, il est possible de rejoindre les organismes de Charlevoix en toute confidentialité. Pour la maison La Montée : 418-665-4694

Photo : archives