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PHOTOS – Algues bleues : triste promenade sur le lac Nairne

Écrit par Louis-André Jalbert, IJL – CIHO FM Charlevoix Date : 28 août. (5H00)
À la une Saint-Aimé-des-Lacs
L’état de santé du lac Nairne inquiète depuis les dernières années. Plus récemment, le combat contre le myriophylle à épis nous avait même presque fait oublier l’ennemi principal du plan d’eau : les algues bleues et le taux de phosphore trop élevé.

La nature finit toujours par avoir le dernier mot. Depuis la fin du mois de juillet, une nouvelle éclosion massive d’algues bleues est visible à la surface du lac. Le phénomène laisse ainsi des couches de « boue » verdâtre sur l’entièreté du plan d’eau, avec une concentration plus prononcée près des rives, le tout accompagné d’une odeur nauséabonde.

C’est non seulement l’ampleur, mais surtout la rapidité avec laquelle l’éclosion s’est déclarée qui surprend cette saison, soit peu après le 20 juillet. Du « jamais vu », selon André Simard, qui navigue sur ce populaire lac de Saint-Aimé-des-Lacs depuis plus d’une trentaine d’années.

Grand amateur de navigation, M. Simard a eu la gentillesse d’embarquer l’équipe du FM Charlevoix sur son bateau afin que nous puissions observer le phénomène de plus près. Pour ce faire, il nous amène chez l’un de ses amis afin d’y rejoindre son embarcation. Depuis cet été, l’équipe Fyto, chargée de la lutte contre le myriophylle, empêche les locaux de mettre leur embarcation à l’eau près du quai de débarquement de la base de plein air afin d’éviter de propager davantage la plante exotique.

Une fois sur le quai, on remarque tout de suite l’épaisse couche de boue verdâtre. « C’est exponentiel », raconte notre hôte :

Si la vie animale s’y retrouve toujours, la présence humaine, elle, est beaucoup moins visible, avance André Simard. Une fois à bord de son bateau, il nous pointe les quais autrefois remplis des campings de Saint-Aimé, aujourd’hui à moitié vides.

Une fois les bouées de vitesse bien loin derrière lui, André Simard décide de s’amuser. « Regarde derrière », nous dit-il lorsqu’il appuie sur l’accélérateur, pointant l’eau propulsée par la force du moteur. L’eau est verte, même au beau milieu du lac. « J’ai jamais vu ça de ma vie », nous répète-t-il.

Évidemment, tout cela n’a rien d’alléchant pour les plaisanciers. M. Simard s’attriste, avec raison, de ne plus voir de familles pratiquer des sports nautiques et même se baigner dans le secteur :

À la vue de l’état actuel des choses, André Simard se dit prêt à faire les sacrifices nécessaires pour assurer un avenir au lac Nairne. « Pas seulement moi : tout le monde autour du lac est prêt à faire un effort », ajoute-t-il.

« L’an passé, [la municipalité] nous recommandait de ne pas naviguer, mais il n’y avait pas vraiment d’obligation. Quelqu’un pouvait aller sur le lac, mais tout le monde a respecté [la recommandation]. […] Moi, je pense que tous les citoyens sont prêts à embarquer, mais il faut savoir quoi faire et comment le faire aussi. »

« Ça va peut-être prendre 5 ou 10 ans, mais au moins, il faut prendre des moyens pour que ce soit moins pire d’année en année », conclut André Simard.