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Justice : la défense demande une peine en collectivité pour Christian Jean

Écrit par Date : 25 sep. (17H15)
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Les avocats dans le dossier de Christian Jean, cet homme reconnu coupable d’infractions en lien avec du leurre et des infractions d’ordre sexuel, ont dévoilé leurs suggestions ce vendredi au Palais de justice de La Malbaie.

L’avocate de la Couronne, Me Rosalie Cavanagh demande une peine d’emprisonnement de trois ans tandis que la Défense plaide pour une peine entre 12 et 22 mois dans la collectivité suivie d’une probation de trois ans.

L’avocat de l’accusé, Me Robert Israel, admet que « les gestes sont graves ». « Ce dossier n’est pas facile », a-t-il reconnu. Le représentant a plaidé les conditions strictes auxquelles fait face Christian Jean depuis 44 mois, mais aussi l’état de santé de l’accusé. Difficulté d’apprentissage, TDAH, trouble cognitif et déficience intellectuelle et diabète difficile à stabiliser ont été nommés.

Depuis avril 2023, Christian Jean consulte régulièrement un thérapeute. Après 150 séances, son thérapeute estime que « ce serait essentiel » si l’accusé pouvait avoir une vie sociale. Si certains éléments, comme la notion de consentement, sont compris par son client, d’autres concepts sont plus difficilement compris. Le thérapeute de M. Jean estime toutefois qu’il a une « très bonne motivation ». « Il amène de l’eau au moulin », a-t-il soutenu.

Une inquiétude subsiste quant à un changement d’environnement si l’accusé se trouve dans un établissement de détention.  « On risque de voir une perte des acquis », craint son thérapeute.

Pour Me Israel, la présence du thérapeute et la prise de Concerta « changent la donne ». « C’est grâce à ça. M. Jean n’est plus la même personne », a-t-il défendu. Il craint qu’une incarcération de son client l’empêche de continuer ses rencontres virtuelles avec son thérapeute.

De son côté, Me Rosalie Cavanagh de la Poursuite affirme que le risque de récidive, jugé dans la moyenne, doit être pris en considération tout comme les antécédents judiciaires de Christian Jean. Elle estime qu’il n’y a eu « aucun » effet dissuasif. Elle a noté des facteurs aggravants comme la période infractionnelle de 11 ans, la persistance dans les communications et les victimes de moins de 18 ans.

« Il n’a plus personne et est très seul »

Christian Jean a lu sa lettre devant le juge Mario Tremblay demandant « sincèrement pardon ». « J’ai tellement honte de ce que j’ai fait. Je m’en veux beaucoup », a-t-il déclaré. Il a dit vouloir avancer et « continuer [s]a transformation » pour « devenir une meilleure personne » et « bâtir une vie saine ».

Dans un témoignage poignant, la mère de l’accusé a évoqué les impacts du processus judiciaire et de la médiatisation de la cause sur son fils et la famille. « Il n’a plus personne et est très seul », a-t-elle soutenu reconnaissant que les actes commis par son fils sont répréhensibles. Menaces et insultes se sont également ajoutées depuis son arrestation en 2023. Christian Jean complète actuellement ses équivalences du secondaire.

« J’ai l’impression que tout le monde suit cette histoire avec un intérêt morbide », a ajouté la femme témoignant d’une « expérience extrêmement isolante ». D’après sa mère, Christian Jean détient une « forte culpabilité envers ses proches ». « Nous nous inquiétons pour son avenir ». « J’ai peur qu’il s’effondre psychologiquement. Il veut guérir. Il veut continuer à s’améliorer », précise la mère de famille.

À travers son témoignage, elle a dénoncé le manque de ressources dans la région alors que durant sa scolarité, Christian Jean a été victime d’intimidation, notamment.

Un ami de la famille a également témoigné sur les progrès de l’accusé en termes de langage, de façon de communiquer et de réflexion.

Le juge Mario Tremblay a pris le dossier en délibéré.

Photo : archives