ENTREVUE – Déploiement des navires d’urgence : peu de marge de manœuvre pour une arrivée plus rapide
Date : 6 nov. (9H44)
Outre les gains minimes qui auraient permis un déploiement plus rapide, Mme Bedard signale que son organisation ne peut faire fi des procédures administratives et des aléas que comporte le transfert d’urgence d’un navire.
Assurant vouloir retourner toutes les pierres, la PDG avance que les options sont assez limitées pour la STQ à ce moment-ci :
Parmi les défis soulevés figurent la mobilisation des équipages, la nécessité de s’assurer qu’ils disposent des heures de repos nécessaires pour opérer le navire d’urgence en toute sécurité ainsi que l’inspection obligatoire avant le départ. Le choix du NM Radisson, plutôt que du Félix-Antoine Savard, s’explique par le fait qu’il s’agissait de la meilleure option en matière de rapidité de déploiement.
« On va revisiter nos processus et notre plan d’urgence assurément, mais on ne pourra jamais assurer une pleine continuité en cas de bris subis au navire principal de L’Isle-aux-Coudres. De faire cette promesse-là ne serait pas sérieux de notre part », ajoute-t-elle.
Pas un refus par ego envers Croisières AML
Greta Bedard a également justifié la décision de ne pas avoir accepté l’aide de Croisières AML dans la matinée de lundi. Elle affirme que l’entreprise touristique aurait manifesté son intérêt dimanche en soirée pour assurer un transport de passagers en début de journée le lendemain du bris, mais que la STQ n’y voyait pas de gain significatif.
Contrairement à ce qu’avait évoqué le maire Christyan Dufour, AML n’aurait pas été en mesure de naviguer à la traverse dès 6 h, lundi matin, signale la PDG. L’absence de plan d’amarrage et de passerelle sécuritaire est évoquée.
« C’était des éléments de sécurité des transports de passagers. On avait beaucoup d’inconnus à ce moment-là. Ce n’était pas un “non” parce qu’on voulait s’obstiner, parce qu’on a travaillé avec AML dans d’autres dossiers et c’était de belles victoires. »
On signale aussi qu’au moment de la proposition, il n’était pas encore déterminé si le Joseph-Savard allait reprendre le service ou non.
Pas la faute de Transport Canada
Bien que l’émission des permis par Transports Canada ait déjà été pointée du doigt pour son manque d’efficacité dans le déploiement des navires d’urgence, Greta Bedard assure que ce n’est pas ce qui s’est produit lors du bris survenu dimanche.
« Ça n’a pas été un bloquant. C’était vraiment la mobilisation des équipes et la préparation du navire, qui ne pouvait partir avant le lendemain matin », signale-t-on.
Pour écouter notre entrevue complète avec Greta Bedard, PDG de la STQ, cliquez ici.

