Plus d’agressions sexuelles dans Charlevoix que la moyenne
(15h55) Les agressions sexuelles sur les femmes sont plus nombreuses dans Charlevoix que la moyenne nationale. En effet, selon Lyne Duplain, intervenante au Calacs de Charlevoix, deux femmes sur cinq ont été agressées ou le seront au cours de leur vie, tandis que la moyenne nationale est d’une femme sur trois. Chez les garçons, c’est un sur six, et chez les personnes handicapées, quatre sur cinq.
Elle explique cette dernière donnée par la fragilité et la vulnérabilité des personnes handicapées, donc les agresseurs peuvent exercer leur abus de pouvoir plus facilement. Pour ce qui est du nombre de femmes agressées dans Charlevoix, elle avance l’hypothèse de l’isolement.
« Charlevoix c’est une région qui a été isolée longtemps, qui a plusieurs petits villages isolés les uns des autres, les familles sont tissées serrées et tout le monde se connaît, donc il y a comme une loi du silence qui existe. Les agresseurs peuvent commettre leurs méfaits, il n’y a personne pour les arrêter. »
Les agressions sexuelles provoquent chez les victimes plusieurs séquelles qui sont toutes différentes de l’une à l’autre. « Ce que ça fait vivre, c’est beaucoup de colère, de l’agressivité, des peurs, de la honte, de l’humiliation, un état de déprime, de la dépression, de la tristesse, des sautes d’humeurs… il y a plein de choses qui peuvent arriver. C’est sûr que chaque victime le vit à sa façon. »
Lyne Duplain indique que cette sorte de crime est encore taboue, et que les victimes ne dénoncent pas encore assez leur agresseur. Les proches des victimes peuvent toutefois aider.
« Premièrement c’est de l’écouter puis d’essayer de la croire et après, c’est de l’assurer de sa non-responsabilité. Quand les femmes vont savoir qu’il y a de l’ouverture, que les gens sont prêts à les écouter et les croire, ça va déjà être plus facile de dévoiler. »
Le budget alloué aux organismes qui viennent en aide aux victimes d’agressions sexuelles a augmenté, mais il reste encore trop bas pour pallier à une demande croissante, selon Mme Duplain.

