Un combat juridique à finir pour les Métis de Charlevoix
(12h15) Une partie des Métis du Québec amorcent 2013 avec la ferme intention d’obtenir une reconnaissance du gouvernement du Québec. En effet, le jugement de la cour fédérale rendu en début d’année octroyant aux Métis les mêmes droits que les Indiens ne peuvent s’appliquer au Québec puisqu’aucune nation métisse n’est juridiquement reconnue.
Charlevoix compte près d’un millier de Métis sur son territoire. 28 000 sont au Québec.

(Photo La Presse)
René Tremblay (photo), vice-président de la communauté métisse du Domaine du Roy et de la Seigneurie de Mingan, s’insurge du fait que Québec exige qu’il y ait eu par le passé une lutte unificatrice des métis pour qu’ils soient reconnus.
« Il faudrait qu’on ait formé une communauté à l’image de celle de Louis Riel au Manitoba pour être reconnu. Il n’y a pas eu de communauté métisse politique qui a fait la guerre au gouvernement du Québec. Les Métis ont toujours été d’excellents alliés. Donc parce qu’on n’a pas fait la guerre, on s’obstine à nier nos droits. La cour suprême du Canada dans l’arrêt Powley n’impose pas ça pour reconnaître les Métis », fulmine-t-il.
Amorcée depuis 2005, une poursuite judiciaire des Métis exigeant une reconnaissance officielle pourrait se conclure cette année. Dans le cadre de ce procès, les Métis ont demandé l’aide de témoins-experts pour prouver la légitimité de leurs demandes. Le président de la Société d’histoire de Charlevoix, Serge Gauthier (photo), explique l’implication de son organisme.

« C’est une recherche pour essayer de définir historiquement la présence métisse dans la région incluant le Saguenay-Lac-St-Jean, Charlevoix et la Côte-Nord. Nous avions aussi à voir si cette identité-là avait une suite dans le temps. Nous avons fait un rapport qui prouve assez bien que cette présence a été continue depuis le XVIIe siècle », développe-t-il.
Les recherches, incluant celle de la Société d’histoire de Charlevoix, qui forment un document de 500 pages, ont été remises à la cour en décembre dernier. Serge Gauthier témoignera devant la cour pour défendre les résultats de son mémoire, tout comme pour la cause Corneau de l’an dernier.

