Enfin une bonne saison, mais toujours de l’incertitude pour les pêcheries de Charlevoix
Date : 8 oct. (4H50)
Chez Pêcheries Robert Mailloux, environ 800 livres de capelans ont été capturés, « rien d’extraordinaire, mais quand même mieux que l’an dernier » pour l’entreprise de L’Isle-aux-Coudres. Chez Pêcheries Charlevoix de Saint-Irénée, 3,5 tonnes du petit poisson ont été récoltées. À titre comparatif, les statistiques combinées de 2023 et de 2024 présentaient un total de 2,9 tonnes, un creux historique.
« Ça fait du bien au moral et ça donne espoir », exprime la propriétaire Julie Gauthier, un peu soulagée. Cette dernière souligne d’ailleurs que les résultats auraient pu être bien meilleurs si elle n’avait pas été forcée de remettre à l’eau « au moins 2000 livres » de capelans en raison de la présence de harengs juvéniles qui faisait l’objet d’une interdiction de capture.
Pour Julie Gauthier, la grande majorité des commandes ont pu être honorées cette saison, une victoire morale importante pour l’entreprise familiale :
Les chiffres de cette année sont toutefois encore bien loin de ce qu’on voyait à l’époque dans les fascines de la région. En 2022, plus de 7 tonnes avait été capturées par Julie Gauthier en l’espace de quelques semaines, contre 17,89 tonnes en 2021. L’éperlan se fait carrément invisible pour sa part, nous indique-t-on.
Cet épisode difficile a forcé Pêcheries Charlevoix à réfléchir sur son modèle d’affaires. Aujourd’hui, la boutique présente une panoplie de produits provenant d’autres pêcheurs indépendants du Golfe du Saint-Laurent, une collaboration qui en plus d’aider ces derniers, contribue à générer un minimum de revenus si le capelan poursuit son déclin.
La solution durable pour assurer la survie des pêcheries de Charlevoix réside toutefois dans le dénouement du dossier du bar rayé, une espèce autrefois portée disparue, mais qui actuellement nuit à Robert Mailloux et Julie Gauthier. « C’est vraiment un problème », affirme cette dernière, qui dit toujours attendre une décision du Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) pour permettre à nouveau la pêche de l’espèce, même si elle n’est que récréative.
Elle tempère cependant ses attentes, puisqu’une mise à jour attendue au printemps n’est finalement jamais arrivée :
« Ç’a en est vraiment rendu ridicule. On fait juste attendre, puis on peut juste observer et constater ça augmente d’année en année. […] Je ne peux pas prédire comment va aller ma saison l’an prochain, mais ce que je sais, c’est qu’il y a du bar rayé et qu’il y en a trop », martèle Julie Gauthier.
Rappelons qu’il est interdit de pêcher le bar rayé du fleuve Saint-Laurent, la population ayant été inscrite en 2011 à la Loi sur les espèces en péril du Canada. Malgré les appels répétés des pêcheurs, le poisson doit être remis à l’eau lorsque capturé. Il est considéré comme un prédateur vorace se nourrissant d’une grande variété d’organismes, notamment de petits poissons comme le hareng et l’éperlan.

