Jean Authier, un homme « très coloré » : sa fille lui rend hommage
Date : 30 jan. (14H15)
Quand elle parle de La Pinsonnière, Valérie Andrée Authier ne parle pas seulement de son père, mais aussi de sa mère Janine Robert Authier qui a également cofondé l’établissement.
« Mes parents, c’était un beau couple, avec du caractère. Mon père avait beaucoup de caractère. Ma mère aussi. Ils étaient réputés pour ça. Mon père était quelqu’un de très coloré », soutient Valérie Andrée Authier ajoutant que M. Authier « ne laissait personne indifférent ».
C’est en 1978 que le couple Authier, avec leur fille de 9 ans, a quitté sa vie montréalaise pour s’installer à Cap-à-l’Aigle, dans une maison de 4 salles de bains et 11 chambres.
Jean Authier et Janine Robert Authier ont fait preuve d’audace en plongeant dans l’aventure de La Pinsonnière alors qu’ils n’avaient aucune expérience dans le monde de l’hôtellerie bien que la mère de M. Authier ait été hôtelière et cuisinière. « Ils ont travaillé très très fort. Ils ont investi tous leurs sous. Ils ont travaillé sept jours sur sept, 12 heures, 15 heures par jour », témoigne leur fille.
Valérie Andrée Authier a assuré une présence constante à La Pinsonnière jusqu’à administrer l’établissement. « Noël, c’était avec les clients. Les fins de semaine, c’était avec les clients », illustre-t-elle.
La famille Authier, des pionniers
Certains témoignages en ligne parlent de Jean Authier comme étant un pionnier. Chose certaine, c’est que le travail de la famille Authier a eu un impact sur le paysage de Cap-à-l’Aigle.
« À l’époque, c’était les débuts. Il y a eu des gens avant nous en hôtellerie et en aubergerie. Mais quand on est arrivé, c’était plus que des collègues. C’était presque aussi une famille d’aubergistes », se remémore Valérie Andrée Authier. « Au début, ils étaient précurseurs tous ensemble les hôteliers ».
Jean Authier et sa fille se sont impliqués au sein du conseil d’administration de Tourisme Charlevoix.
La Pinsonnière est devenue le premier établissement de Charlevoix à obtenir l’appellation Relais & Châteaux. De nombreux travaux et des agrandissements ont amené La Pinsonnière à devenir « le plus petit hôtel 5 étoiles du Québec » avec 18 chambres luxueuses. « Une des grandes fiertés » de M. Authier, selon sa fille. « Rapidement, mes parents se sont dirigés vers le haut de gamme », ajoute-t-elle.
Jean Authier a également développé une cave à vins comprenant 12 000 bouteilles et 750 étiquettes différentes.
Quand on écoute Valérie Andrée Authier, on comprend que La Pinsonnière ne serait pas devenue l’institution que l’on a connue sans le travail de collaborateurs.
Valérie Andrée Authier souligne aussi l’apport de Charles-Henri Tremblay, homme à tout faire. « Il sauvait tous les départements ».
La Pinsonnière a fermé en 2015, mais a de nouveau ouvert ses portes récemment. « Mon père, dans les dernières semaines où on savait que ses jours étaient comptés, en a beaucoup parlé de La Pinsonnière », relate Mme Authier.
Même si la famille Authier a quitté Charlevoix, la région reste gravée dans le cœur de Valérie André Authier. « On se sent quand même Charlevoisiens. C’est une région qu’on adore et même si on ne vit plus dans Charlevoix, on en fait toujours la promotion. On est fiers de ceux qui continuent en tourisme », soutient Mme Authier qui tient à remercier la population qui, depuis l’annonce du décès de Jean Authier, n’a de cesse de transmettre de bons mots.
Photo : courtoisie – René Bouchard

