L’astroblème de Charlevoix, un fragment de l’anneau de la Terre?
Date : 12 juin. (4H40)
Une étude australienne publiée en 2024 a effectivement analysé 21 cratères, dont Charlevoix, dont l’origine coïnciderait avec le plus gros refroidissement climatique des dernières 550 millions d’années, qui a mis fin à la période de l’Ordovicien il y a 445 millions d’années. Contrairement à l’extinction des dinosaures, provoquée par la collision d’une météorite au Yucatan, il y a 66 millions d’années, les théories entourant ce changement climatique sont encore partagées. « On est sur la piste d’un bombardement météoritique qui aurait davantage soulevé de poussière dans l’atmosphère et y contribuer », explique Jean-Michel Gastonguay.
C’est toutefois l’idée d’un « bombardement météoritique » qui semble, littéralement, lunaire. « C’est ce qui est fou », convient M. Gastonguay. Les chercheurs australiens ont réussi à reconstituer la position des continents il y a 450 millions d’années, avant de démontrer que les 21 cratères se trouvent très près de l’Équateur. Ceux-ci théorisent que la Terre aurait pu avoir des anneaux, comme Saturne, et que l’Astroblème de Charlevoix ne serait donc pas un événement isolé, mais bien issu d’un fragment d’anneau.
L’étude australienne précise que seulement 2,5% de la surface terrestre actuelle se trouvait hors de l’eau, à l’époque, et que ces 21 cratères sont donc ceux qu’on peut toujours observer aujourd’hui. Environ 800 météorites auraient donc atteint la Terre, si la théorie se confirme.
Le CECC travaille sur les résultats de ses campagnes d’observations sur le terrain, et suggère pour l’instant deux constats. D’abord, l’impact météoritique charlevoisien aurait été encore plus énergétique qu’autrefois calculé. Deuxièmement, l’étude permettrait de préciser davantage l’âge de l’impact que lors des études publiées précédemment, soit vers la fin de l’Ordovicien.
Les constats préliminaires du Centre d’études collégiales en Charlevoix ont été présentées par Jean-Michel Gastonguay au Congrès annuel de l’Association géologique du Canada, à St-John’s, dans la province de Terre-Neuve-et-Labrador.
Les travaux ont repris dès la fonte des glaces, ce printemps, sur l’estran charlevoisien, où on peut toujours observer des fossiles de la période de l’Ordovicien, alors que la vie était majoritairement présente en bas fond marin. La nouvelle phase de récolte a permis de recueillir de nouveaux indices essentiels à l’approfondissement et à la validation des résultats en cours.

