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L’Hôpital de La Malbaie, « irréversible » : l’analyse d’une chroniqueuse politique à l’Assemblée Nationale

Écrit par Kevin Vallée Date : 8 juin. (5H00)
À la une La Malbaie
Au lendemain du « feu vert » donné par la première ministre Christine Fréchette pour le lancement des travaux à l'Hôpital de La Malbaie, la chroniqueuse politique à l'Assemblée Nationale pour Le Soleil, Valérie Gaudreau, a accepté de livrer son analyse de l'annonce et du degré de certitude quant à la réalisation du projet.

Christine Fréchette a annoncé que le lancement des appels d’offres se ferait au mois de juillet. Si la première ministre a été tranchante en affirmant que « c’est irréversible », le timing du début des travaux à l’automne, alors que les élections sont en octobre, sont source de questionnement. L’Hôpital de La Malbaie était un enjeu électoral il y a huit ans, lorsque le ministre de la Santé Gaétan Barrette et le Parti libéral ont juré que le projet était budgété et sur le point d’être lancé, accusant ainsi la Coalition Avenir Québec d’avoir « arrêté le projet ».

Le maire de La Malbaie, Michel Couturier, a toutefois acquiescé vendredi matin qu’aucune partie de lui n’avait besoin de voir les fameuses pépines avant de célébrer, ne faisant pas partie des sceptiques concernant le début des travaux. « Je suis plus confiant que jamais, c’est la volonté de Mme Fréchette », a-t-il commencé. « On peut pas nier que les astres convergent au rendez-vous à l’automne, mais la première ministre est là pour gouverner et ça fait partie du plan de relance ».

Peut-on donc crier victoire, ou faut-il se garder une réserve? À cette question, Valérie Gaudreau répond à la fois qu’il serait difficile de reculer, mais qu’il faut se protéger et attendre patiemment les pépines.

La chroniqueuse politique avertit toutefois que le mot « irréversible » a déjà été utilisé dans le cadre d’annonces d’envergure, pour que le tout soit finalement retardé ou mis de côté. « Les facteurs externes peuvent venir jouer », analyse-t-elle, dressant un lien avec le 3e lien Québec-Lévis, dont l’issue a déjà été considérée irréversible. « On ne sait jamais, avec un changement de gouvernement, tout ça peut changer », a-t-elle ajouté en conclusion.

Selon elle, il faut surveiller les appels d’offres. « S’ils devaient être repoussés, est-ce que l’Hôpital de La Malbaie ferait encore l’objet de promesses électorales? », se questionne-t-elle.

Quant au moment choisi pour l’annonce, à cinq jours de la fin des travaux parlementaires, l’ancienne directrice de l’information et rédactrice en chef du Soleil estime qu’il est vrai que le gouvernement a été sur pause, lors de la dernière année.

Peut-on parler d’une annonce « électoraliste »? À certains égards, oui, convient Valérie Gaudreau, mais pas entièrement, voulant dire qu’il s’agit d’un seul élément d’une plus longue équation qui prend bel et bien en compte les besoins de l’Hôpital et de la région. « C’est certain qu’on veut cocher des cases, on veut un bilan », dit-elle. « En même temps, ça ne sort pas d’un chapeau comme l’annonce concernant la T.V.Q., notamment ». Elle ajoute qu’il s’agit d’une grosse victoire politique pour la députée de Charlevoix-Côte-de-Beaupré, Kariane Bourassa.

Retour en arrière

Le maire Michel Couturier a multiplié les sorties médiatiques pour presser le ministre Barrette de confirmer le début des travaux, en 2018. Ce dernier visait initialement l’automne 2019, avant d’annoncer le tout pour l’année 2020. Le Parti libéral du Québec a été défait par la Coalition Avenir Québec en octobre 2018 et 7 ans et demi se sont écoulées avant l’annonce de jeudi.