Loi 2 : Charlevoix pourrait perdre des médecins
Date : 4 nov. (5H00)
Du moins c’est ce que rapporte le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), Dr Marc-André Amyot. « J’ai su qu’il y avait au moins une ou deux médecins qui quittaient Charlevoix ».
« Une tragédie pour les patients », estime-t-il alors que la pénurie dans le réseau de la santé se chiffre à au moins 2 000 médecins. « 10 docteurs qui quittent le Québec […] c’est déjà trop », soutient M. Amyot. Et l’exode des médecins se fait ressentir partout dans la province :
La loi 2, adoptée sous bâillon la semaine dernière, aura des effets dévastateurs et irréversibles, maintient le président de la FMOQ. La loi envisage de lier la rémunération des médecins à l’atteinte de cibles, sanctionner les actions concertées qui nuiraient à l’accès aux soins et mettre en place un régime de surveillance individuelle si un décret gouvernemental est adopté.
« Un couple de docteurs […] qui décident à 65-66-67 ans de prendre leur retraite, parce qu’ils ne veulent pas voir ça cette loi […] Ça, selon la loi, c’est considéré comme une action concertée […]. Est-ce que c’est dans un Québec comme ça qu’on veut vivre ? », se questionne Dr Amyot qui considère qu’il s’agit d’une atteinte aux libertés individuelles et au droit de parole. « C’est épouvantable de faire ça ».
En région, l’adoption de la loi pourrait se traduire par une pénurie exacerbée de médecins de famille :
Dr Marc-André Amyot estime qu’il est temps d’arrêter « l’hémorragie ». « Qu’est-ce que ça va prendre pour que Christian Dubé et François Legault comprennent ? ». « J’espère que leur entêtement va cesser ».
La Cour supérieure du Québec devrait entendre cette semaine la Fédération des médecins spécialistes du Québec qui a déposé une demande de sursis provisoire.
Rappelons que le ministre responsable des Services sociaux, Lionel Carmant, a quitté son poste jeudi dernier ainsi que son siège au sein de la Coalition Avenir Québec (CAQ). Sa fille, la Dre Laurence Carmant, avait publié une lettre ouverte dans Le Devoir critiquant la loi du gouvernement Legault.
Dr Marc-André Amyot croit que François Legault aurait dû écouter le ministre Carmant, « probablement la seule personne autour de la table du conseil des ministres qui savaient de quoi il parlait ».
Pour le médecin, c’est l’occasion pour François Legault « de remettre ses habits de premier ministre et de retirer cette réforme ».
