Note parfaite au Lac Nairne : des résultats qui peuvent être déstabilisants pour les baigneurs
Date : 28 oct. (4H59)
Déjà en 2019, la Fondation Rivières qualifiait le programme de « très déficient, voire dangereux pour la sécurité des baigneurs ». L’organisme identifiait comme failles la participation volontaire des exploitants de plage, le délai des résultats ou encore les cotes qui pouvaient porter à confusion.
Environnement-Plage évalue seulement la qualité bactériologique (coliformes fécaux) d’un lac et non la présence d’algues bleu-vert ou de cyanobactéries. En eau douce, c’est la quantité de E. Coli qui est analysée. Dans le cas du Lac Nairne, les résultats ont démontré que moins de 20 ufc/100 ml étaient présents dans l’eau de baignade, ce qui explique la bonne cote obtenue (A).
L’actuel directeur général de la Fondation Rivières, André Bélanger, convient que les résultats peuvent être déstabilisants pour les baigneurs.
M. Bélanger précise qu’un lac peut avoir une bonne cote, mais être rempli d’algues, « ce qui n’en fait pas un lieu mauvais pour la santé ». Là où ça devient problématique, c’est si les algues sont évidemment toxiques.
À savoir le programme Environnement-Plage est réellement utile, le directeur général de la Fondation Rivières reconnaît « une certaine utilité », mais André Bélanger croit tout de même que « c’est un programme qui n’en est pas un, une sorte de patch qui est administré par le ministère de l’Environnement ».
M. Bélanger ne comprend pas pourquoi le programme relève du ministère de l’Environnement alors qu’il s’agit d’une question de santé publique. Il se questionne à savoir si un autre ministère devrait administrer le programme.
André Bélanger critique également l’attribution de cote, soit A, B, C ou D. Selon lui, il devrait simplement être question de droit de baignade ou d’interdiction. « De commencer à calculer que ça c’est excellent, ça ce n’est pas bon, ça c’est médiocre, ça commence à être tendancieux », estime-t-il ajoutant qu’à partir du moment où le doute est semé dans l’esprit des baigneurs, on nuit à l’accessibilité aux eaux de baignade.
Pour savoir si un lac doit rester ouvert ou doit fermer, Environnement-Plage se base sur des recommandations provenant d’études épidémiologiques de la Santé publique. Selon son guide d’application, si une plage obtient plus de 201 ufc/100ml, on doit exiger sa fermeture.
Si peu d’informations sur un lac sont disponibles, André Bélanger conseille de regarde la présence de bernaches et de goélands puisque leur fiente peut impacter la qualité de l’eau. Il préconise de garder la bouche fermée et d’éviter de plonger la tête. Le directeur général de la Fondation Rivières termine en disant de ne pas trop s’en faire. « Quand on parle de qualité bactériologique, il faut boire beaucoup d’eau pour avoir une possibilité relativement faible pour être malade », conclut-il.
Photo : archives

