Renouveau du marché public de Baie-Saint-Paul : des artisans mécontents des changements
Date : 19 fév. (12H27)
Nouveau logo, nouvel emplacement, animation et kiosques intérieurs ; la nouvelle configuration visait à transformer le marché « en un espace où l’on vient vivre, goûter, écouter et se rencontrer ». Les changements apportés par la nouvelle administration déplaisent toutefois à plusieurs artisans, qui réclament un retour en arrière, dont Michel Tremblay de Pitoune en Toxédo.
Parmi ses critiques, le changement d’emplacement, plus loin du champ de vision de la rue Ambroise-Fafard, et une augmentation importante du tarif pour la réservation d’un kiosque sont nommés. Une nouvelle disposition permettant à Maison Mère d’annuler un marché en cas de conditions météorologiques défavorables sans consulter les membres n’est pas appréciée.
« On se présente à 8 h 30 le dimanche matin. C’est à nous de décider si on fait le marché ou pas. C’est sûr que s’il y a du tonnerre, on dira non. Mais on n’a pas besoin d’une concertation le soir d’avant pour voir ce que la Ville ou Maison Mère va décider pour nous », rapporte-t-il.
Aleck Vitam de la Ferme Ambrosia et de Saveurs Authentiques de Charlevoix partage la même vision que son collègue artisan. Il déplore également une augmentation de tarifs « d’au moins 36 % » d’une année à l’autre, tout dépendant du forfait sélectionné. Une nouvelle demande vient imposer le paiement complet de la location d’un kiosque pour la saison d’ici la fin du mois de mai, « avant même d’avoir fait 1 $ de vente ». « Y’a énormément d’entreprises qui n’ont pas les liquidités pour ça », confie M. Vitam.
Concernant le pouvoir d’annuler une journée du marché, Maison Mère ne rembourserait pas et n’offrirait pas quelconques compensations aux artisans, affirme aussi M. Vitam. « Plus de vente, mais d’avoir quand même la charge, ça peut faire mal à des entreprises. On se questionne sur la légalité
« Globalement, c’est de ne pas avoir consulté les exposants, ajoute M. Vitam », conclut Aleck Vitam.
« On a fait nos devoirs », répond la directrice de Maison Mère
Josette Tremblay, directrice générale de Maison Mère, est surprise de la réaction défavorable et instantanée. Elle affirme que la plupart des modifications apportées, dont l’ajout de kiosque intérieur et le changement d’emplacement, sont basées sur les commentaires recueillis par l’Association des gens d’affaires, qui a sondé les exposants et les clients du marché au cours des dernières années. « Il y avait un bilan déposé tous les ans et nous avons travaillé avec les deux derniers bilans », rapporte-t-elle.
Elle confirme que plusieurs commerçants avaient notamment critiqué l’ancien emplacement. « On était dans le gazon, le terrain n’était pas nivelé et quand il pleuvait en semaine, c’était boetteux ». Le nouveau site sera aussi « très visible » de la croisée des chemins entre Ambroise-Fafard et la rue Forget.
Quant à l’augmentation des tarifs et la demande de payer en avance le kiosque, elle explique qu’il s’agissait d’un passage obligé puisque le marché public était déficitaire par le passé. « On a fait nos devoirs. Maison Mère prend 95 % des risques au niveau de la gestion. On est un projet pilote et on va s’ajuster en cours d’année. On veut que le marché est une belle présence, on veut faire beaucoup de démarchage au niveau de la publicité, on veut augmenter l’achalandage, on veut qu’il y ait plus de locaux. On veut que les gens se réapproprie le marché », conclut Mme Tremblay.
Josette Tremblay sera en entrevue vendredi au Grand Réveil de Charlevoix, à 8 h 15.
