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Enquête publique du coroner : la fille de Régis Lavoie, les sinistrés Linda Simard et Yvan Lavoie témoignent

Écrit par Louis-André Jalbert Date : 15 avr. (18H08)
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La fille de Régis Lavoie, Marylou Lavoie, a témoigné en début d’après-midi, lundi, dans le cadre de l’enquête publique sur les décès de son père et de Christopher Lavoie, au 1er mai 2023.

Prise par les émotions, elle a rapidement décrit son père comme « un homme au grand cœur ». « Il avait le cœur sur la main. C’était un pilier dans toute notre communauté. Un grand homme. Il a perdu la vie en donnant aux autres justement. Il était très généreux. », a-t-elle déclaré.

Elle a confirmé avoir parlé avec Régis Lavoie le matin des événements, elle qui devait se rendre à un rendez-vous médical pour sa grossesse. « Il m’a demandé de rester chez moi ». C’est par la suite qu’elle a appris que celui-ci avait chaviré lors d’une intervention. À savoir si son père discutait avec elle de son métier de pompier, elle a indiqué que « mon père n’était pas un grand parleur. »

Linda Simard, la résidente à qui les deux pompiers ont porté secours, a également témoigné devant Me Kronström. Cette dernière a signalé qu’il s’agissait d’une première inondation du genre depuis l’achat de la résidence, 4 ans plus tôt. Elle a également expliqué les démarches qui ont amené à la rénovation de son chalet, converti en résidence principale depuis décembre 2022, dans laquelle elle se trouvait au moment du 1er mai 2023. Elle affirme qu’il n’a jamais été question du fait que l’immeuble se situait en zone inondable pendant ce processus.

Le matin des inondations, elle était partie avec son conjoint, Yvan Lavoie, faire des commissions. En revenant du marché local, le couple a décidé de stationner leur véhicule en bordure de la route 138, puisque leur chemin d’accès était impraticable lorsque la pluie s’abattait. Ils ont cependant modifié leur emplacement habituel, alors que le MTQ menait des travaux à proximité. « C’était une pratique régulière. […] Cette fois-là, tout le monde avait remarqué qu’on avait sorti notre camion, mais ce n’était pas la première fois. »

Mme Simard explique que son mari et elle sont revenus à la maison et se sont concentrés sur certaines tâches. C’est en sortant de la salle de lavage qu’elle a été surprise par la hauteur de la rivière. Un premier contact avec la municipalité s’est effectué à 12 h 02, précisément avec la secrétaire de la municipalité, puisque le chef incendie, Cédric Châtigny, était en bordure de leur chemin d’accès. « Il n’est pas capable de se rendre », aurait indiqué la secrétaire, en précisant de la recontacter « s’il y a quoi que ce soit. »

Ce n’est qu’une trentaine de minutes plus tard, à 12 h 38, qu’une demande formelle d’évacuation a été formulée à M. Châtigny, qui aurait confirmé à 13 h 05 l’envoi de l’Argo. Une fois les deux pompiers sur l’eau, Linda Simard confirme qu’ils n’ont même pas eu la chance de naviguer vers eux que l’embarcation déviait. « Je paniquais, mon conjoint paniquait aussi. Moi j’ai arrêté de regarder, j’étais plus capable. […] Je savais qu’il s’en allait, mais on se sentait impuissant. Mon conjoint a tout regardé, mais il l’a regretté, il en a fait des cauchemars. », raconte-t-elle avec émotion.

Elle affirme aussi n’avoir « jamais » reçu d’ordre d’évacuation. C’est aussi ce qu’a confirmé son conjoint, Yvan Lavoie. « Je ne veux pas nuire à personne, dit-il. Je n’ai jamais entendu parler d’un ordre d’évacuation. Quand tu as l’ordre, tu sors, mais nous non. […] Je m’excuse de me répéter, mais je ne l’ai pas eu ». M. Lavoie dit n’avoir jamais été inquiété par le niveau de la rivière, d’où la décision d’être demeuré dans la résidence. C’est une réaction de Linda Simard qui l’a alerté et qui l’a poussé à appeler Cédric Châtigny, à 12 h 38.

Des recherches presque 24 h sur 24

Vincent Arseneault, agent sauveteur à l’équipe de recherche et sauvetage à la Sûreté du Québec, fut la dernière personne à témoigner, lundi. En plus de décrire les conditions météorologiques extrêmes avec lesquelles devaient jongler les intervenants, il a offert un portrait global des opérations de secours de Linda Simard et Yvan Lavoie, ainsi que des recherches pour retrouver Régis et Christopher Lavoie, notamment avec l’aide des Forces Armées canadiennes et la Garde côtière. « Il y a des recherches qui ont été faites presque 24 h sur 24. », explique-t-il.