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« Elle aimait la vie » : Carole Belley rend hommage à sa fille, Carolyne Labonté

Écrit par Emma Jaquet, IJL - CIHO FM Charlevoix Date : 16 avr. (5H00)
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Le 18 mars 2021, Carole Belley perd sa fille, Carolyne Labonté, tuée par son conjoint. Du haut de ses 80 ans, Mme Belley nous a ouvert les portes de sa demeure de Saint-Aimé-des-Lacs pour nous parler de sa fille.

« C’était une personne très joyeuse. Elle était aimée de tout le monde », soutient sa mère, précisant que sa fille avait « un grand cœur ».

Celle qui était éducatrice spécialisée en déficience profonde aimait la nature, la motomarine, cuisiner pour les autres. D’après sa mère, Carolyne était « habile de ses mains » pour fabriquer les décorations de Noël ou les chambres de ses enfants. « Je pouvais la voir 4 à 5 fois par semaine », se remémore-t-elle :

Carolyne était la dernière fille d’une fratrie de trois enfants. Un lien « fort » s’était créé entre ses deux frères et elle, surtout celui du milieu. « Mes deux garçons trouvent ça très dur, mais mon deuxième trouve ça encore 10 fois plus dur. Ils s’appelaient 25 fois par jour. Ils s’appelaient pour toutes sortes de niaiseries », illustre Carole Belley.

Le jour du décès de sa fille, elle lui préparait un gâteau aux carottes sans cannelle, puisque Carolyne en était allergique. « Quand je l’ai appelé, je venais juste de finir de crémer mon gâteau. Le gâteau est resté là ».

Éric Levasseur, qui a écopé d’une peine de prison à perpétuité avec une possibilité de libération conditionnelle dans moins de 18 ans, avait choisi de faire appel de la décision du juge. Le tout devait être analysé le 14 avril dernier, mais l’accusé s’est finalement désisté, mettant un terme au dossier. En apprenant la nouvelle, Carole Belley s’est sentie soulagée :

Pour autant, le dossier ne sera jamais terminé pour Carole Belley. « Ça ne sera jamais clos, parce que je n’ai plus de fille ». Elle se questionne encore sur les raisons qui peuvent pousser un homme à commettre l’irréparable. « Pourquoi un homme va tuer une femme de même que ce soit Carolyne ou une autre. Laissez la femme. Partez. Si elle n’a pas d’argent, rien, elle va se débrouiller d’une certaine façon. Mais pas tuer. On est rendu à combien de féminicides », déplore-t-elle.

« Je me demande, si j’avais vendu et déménagé tout de suite, si tous ces souvenirs-là seraient moins pire. C’est sûr que je ne l’oublierais jamais », termine Carole Belley.

Carolyne Labonté aurait eu 46 ans le 29 avril prochain.