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40 ans pour CIHO FM Charlevoix : « on a survécu à la guerre »

Écrit par Kevin Vallée, IJL - CIHO FM Charlevoix Date : 13 oct. (12H00)
À la une Baie-Saint-Paul
Le 13 octobre 1986, CIHO-MF 96,3 entrait en ondes et la radio est née dans Charlevoix. 40 ans plus tard, les cinq antennes de CIHO FM Charlevoix diffusent encore, partout dans la région, un produit local fort de décennies de résilience.

Lorsqu’on énumère les innombrables obstacles qui se sont succédés depuis la fondation de la radio communautaire de Charlevoix, on comprend toutefois qu’il est presque tiré du miracle qu’elle soit encore là et plus présente que jamais. L’histoire est ponctuée par l’acharnement de ses artisans qui se sont battus pour la survie du média.

Directeur des programmes de la station de 1998 à 2012, Pierre Beauchesne a souligné le tout à l’émission du matin, mardi.

La naissance de la station de radio s’est observée dans la réalité d’un « désert radiophonique », décrit-il, à une époque où Charlevoix dépendait des stations de la Rive-Sud, incluant La Pocatière, Rivière-du-Loup et Montmagny. Le défi était tout d’abord, mais pas exclusivement, géographique et technique : le territoire, jumelant à la fois sommets et vallées, ne laissait que peu d’options pour qu’une antenne en couvre l’ensemble. Le Mont des Éboulements, dont le signal pouvait atteindre les États-Unis, représentait la seule option.

Au-delà de tout, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) demeurait à convaincre. « Il y avait un fort lobby des stations privés et c’était facile d’installer des stations de radio dans des marchés où il y avait peu de profitabilité, comme à Anticosti, au Havre-Saint-Pierre, à Natashquan et aux Îles-de-la-Madeleine », explique l’ancien directeur des programmes. « Mais ici, proche de Québec et de Rivière-du-Loup, c’était une autre histoire ».

C’est dans ce contexte qu’une station de type communautaire, mais dotée d’une licence commerciale permettant la vente de 8 minutes de publicité par heure, est née. « Et avec ça, on devait réussir à survivre ».

Somme toute, le gouvernement canadien était heureux d’appuyer le projet puisqu’il s’agissait du premier test d’une antenne à puissance éolienne. Ce test, échoué, a constitué le début des problèmes financiers de la station. « En 10 ans, on a dû construire deux stations de radio », image celui qui a dédié plus de 15 ans au redressement de la station.

Le déménagement de l’antenne à Saint-Hilarion aura également été un « projet de fou », rapporte Pierre Beauchesne, alors que l’ancienne présidente du conseil d’administration, Jacinthe B. Simard, a réussi à convaincre Hydro-Québec de leur prêter un hélicoptère. « Quand on commence à faire de la radio, on est dans le trou de 230 000$ », raconte-t-il, et Mme B. Simard, de même qu’Ovila Dufour et d’autres commerçants, cautionnent personnellement la marge de crédit de la station pour lui permettre de survivre.

« Quand vous écoutez cette radio, dites-vous qu’elle a survécu à la guerre », complète Pierre Beauchesne.

L’entretien intégral avec Pierre Beauchesne est disponible ci-dessous.