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Crise de l’industrie porcine : Charlevoix à bout de souffle

Écrit par Emma Jaquet Date : 31 mars. (13H00)
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C’est un vrai cri du cœur qu’ont lancé une douzaine de producteurs de Charlevoix à l’Hôtel & Spa Le Germain de Baie-Saint-Paul, vendredi avant-midi.

Ils étaient accompagnés du président de l’UPA de la Capitale-Nationale – Côte-Nord, Yves Laurencelle ainsi que du porte-parole de l’opposition officielle en matière d’agriculture et député de Pontiac, André Fortin.

Charlevoix est la première région à faire une sortie publique de la sorte alors que l’industrie porcine du Québec traverse une crise encore jamais vue.

Pour Yves Laurencelle, le gouvernement du Québec doit lancer un signal clair aux producteurs de porcs et injecter un fonds d’urgence pour leur venir en aide, coûte que coûte :

Les coûts de production pour les producteurs de Charlevoix sont plus élevés puisque la région comporte des particularités liées au climat, nous explique les nombreux intervenants. Il est, par exemple, difficile de cultiver le maïs et le soya. Les producteurs doivent alors se fournir à l’extérieur de la région, explique Mathieu Pilote, producteur charlevoisien et initiateur du mouvement.

Le programme d’assurance stabilisation des revenus agricoles (ASRA), financé à 33 % par les producteurs, vient en aide aux transformateurs, mais ne prend pas en considération les spécificités régionales, dénonce Mathieu Pilote.

Selon les calculs d’un des agronomes présents, les coûts supplémentaires sont de 65 000 $ pour une production moyenne dans Charlevoix.

Pour certains, il est difficile de se projeter dans l’avenir. C’est le cas de Patrice Gauthier de la porcherie familiale Roger Gauthier. Même si l’entreprise ne ferme pas ses portes, le producteur ne voit pas comment maintenir le cap si aucun soutien n’est fourni.

Le porte-parole de l’opposition en matière d’agriculture, André Fortin, affirme que les producteurs de Charlevoix fonctionnent à perte. « Dans Charlevoix, avec les coûts de transport et de déplacement, c’est encore plus grave. On ne peut pas continuer comme ça. Le gouvernement se doit d’agir rapidement », ajoute-t-il.

Charlevoix compte 11 fermes produisant environ 90 000 porcs annuellement.

Le député libéral de Pontiac, André Fortin, accompagné de Mathieu Pilote (à gauche) et Yves Laurencelle (à droite).