Difficulté financière de La Vue : d’anciens employés attendent leur argent
Date : 21 avr. (5H00)
En plus de ces dettes, d’anciens employés disent aujourd’hui attendre des sommes importantes qui ne leur ont toujours pas été versées par leur ancien employeur. Deux d’entre elles ont accepté de témoigner afin de partager leur situation.
L’une de ces personnes faisait partie de l’équipe volante de La Vue de 2021 jusqu’en 2025, des travailleurs appelés à se déplacer à travers les différentes boutiques de l’entreprise. Elle dit avoir côtoyé « tous les jours » le Dr Éric Savard et Mme Véronique Michaud. La seconde a été employée à deux succursales du Québec, dont celle de La Malbaie, entre 2019 à 2025.
« À ce jour, je n’ai toujours pas eu d’argent de La Vue et ce n’est pas faute d’avoir essayé », nous rapporte la première intervenante. Nous fournissant un talon de paie, elle dit que le montant qui lui est dû s’évalue à environ 6000 $, dont 4785,63 $ en indemnité de vacances. Celle-ci a d’ailleurs porté deux plaintes auprès de la CNESST, toutes été jugées recevables, selon des lettres que nous avons consultées. « Nous vous informons que, selon notre analyse des informations fournies, votre plainte est recevable, c’est-à-dire que nous pouvons y donner suite », peut-on y lire. Une première plainte est liée au salaire, tandis que l’autre vise « l’absence de bulletin de paie ».
Par souci de confidentialité, la CNESST n’a pas été en mesure de nous confirmer s’il y a eu un ou plusieurs dépôts de plainte contre La Vue. « Celle-ci sera confidentielle du début à la fin du processus afin d’éviter des représailles au(x) plaignant(s). Ainsi, je ne peux vous confirmer s’il y a eu plainte ou non envers cette entreprise », nous indique Nicolas Bégin, porte-parole à la CNESST. Pour ces mêmes raisons, les intervenantes ont demandé à conserver l’anonymat.
Cette ancienne employée nous indique que sa sortie aura été motivée par la promesse de réouverture d’une boutique La Vue dans les Espaces Fleuve St-Laurent à La Malbaie, après une fermeture surprise au centre commercial en novembre 2025. Rappelons qu’au final, La Vue n’ouvrira pas de nouvelle boutique, nous a confirmé Nicolas Desbiens-Dubois, copropriétaire des Espace Fleuve St-Laurent.
« Laisse-la fermée la boutique, tu vas réduire tes coûts, je te le concède. Mais qu’il pense ouvrir une autre boutique pour réduire les coûts, mais ils ne nous payent pas nous les anciens employés ni les employés qui sont là actuellement, à un moment donné ça ne fait pas de sens. Tu ne peux pas commencer à ouvrir des boutiques sans payer le monde à qui tu dois beaucoup d’argent », dit-elle.
Notre deuxième intervenante œuvre toujours dans le domaine de l’optométrie, mais sous une autre bannière. « Je côtoie encore des clients. Des fois ils nous écrivent : « Elles sont où mes lunettes ? ». Je suis obligé de leur dire que malheureusement, je ne travaille plus là et je trouve ça injuste. […] C’est quand même une orthèse visuelle, c’est médical, c’est important. »
Cette travailleuse dit avoir quitté son emploi en août 2025. Toutefois, elle avance qu’elle n’avait « officiellement » plus de paie depuis la mi-mai 2025. Elle était restée en poste dans l’espoir de retrouver ce que La Vue lui devait, soit « 5500 $, approximativement » en commissions et heures non rémunérées.
« Ça fait longtemps qu’on avait des problèmes, qu’on avait des retards sur les paies. Par contre, je n’ai officiellement plus de paies depuis le 18 mai 2025 », nous dit-elle, ajoutant que ses autres collègues de travail vivaient des problématiques similaires. L’annonce de l’ouverture d’une nouvelle boutique dans les Espaces Fleuve St-Laurent l’avait aussi interpellée. Véronique Michaud lui aurait alors indiqué que ce déménagement visait à diminuer les charges pour « reprendre le dessus » et payer « tout le monde ». « C’est mon but et je vais l’atteindre ».
« J’en doute », nous rétorque cependant l’employée. Mentionnons que nous avons tenté de contacter Véronique Michaud et Dr Éric Savard à de nombreuses reprises, sans succès.

