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Enquête du coroner : au tour du chef pompier Cédric Châtigny

Écrit par Louis-André Jalbert Date : 17 avr. (17H41)
À la une Baie-Saint-Paul La Malbaie Saint-Urbain
Le chef pompier de Saint-Urbain, Cédric Châtigny, a témoigné dans le cadre de l’enquête publique sur les décès de Régis et Christopher Lavoie, survenus au 1er mai 2023.

Le matin du drame, M. Châtigny dit avoir amorcé sa journée vers 8 h dans son emploi aux travaux publics de la municipalité. Il dit alors remarquer que la rivière est plus haute « qu’à la normale », mais rien d’alarmant.

C’est vers 11 h qu’il se dirige chez Sylvain Girard, qui se préparait déjà à quitter sa résidence. Après une brève discussion, il serait retourné dans son véhicule, où il dit recevoir un appel d’Yvan Lavoie, un des citoyens que Christopher et Régis Lavoie ont tenté de secourir.

« Je lui ai dit : tu ne penses pas que c’est le temps que tu sortes ? Tu as sorti ton véhicule. Il m’a dit : non, je suis bien dans la maison. », a-t-il raconté à la coroner Kronström, ajoutant qu’il était « un peu sans mot » devant la réponse de M. Lavoie. Au même moment, l’état du champ inondé, celui qui a emporté les pompiers volontaires, n’avait pas de courant. « C’était de l’eau stagnante. »

M. Châtigny dit avoir reçu un autre appel plus tard, cette fois-ci de Linda Simard demandant une intervention. « J’entends Yvan en arrière dire « c’est bon, on est correct », ajoute le chef pompier.

Notons que cette version des faits contredit celle de Linda Simard et Yvan Lavoie, qui ont témoigné lundi après-midi. À ce sujet, M. Châtigny nie aussi avoir appelé Mme Stéphanie Dufour, technicienne administrative à la municipalité de Saint-Urbain, pour avoir le numéro d’Yvan Lavoie et Linda Simard, autour de midi. Cédric Châtigny refuse également le témoignage de Sylvain Girard, conseiller municipal, comme quoi, peu après 11 h, il lui aurait rendu visite une seconde fois pour lui demander une chaloupe.

C’est autour de 12 h 30 que les premières discussions entourant l’utilisation de l’Argo de Régis Lavoie auraient eu lieu, notamment avec Luc Dufour, directeur des travaux publics. C’est à ce moment que Cédric Châtigny aurait donné rendez-vous au domicile de Régis pour « piner » lui-même l’Argo sur son véhicule. Il lui aurait aussi demandé d’apporter des vestes de sauvetage.

Entre-temps, M. Châtigny devait rencontrer des travailleurs d’Hydro-Québec. S’en est suivi une série de mésaventures l’empêchant de se déplacer chez Régis Lavoie. Il apprend par Luc Dufour que les deux hommes étaient déjà à bord de l’Argo, en direction de Linda Simard et Yvan Lavoie. « Je ne savais pas qu’il se mettait à l’eau, je n’avais aucune information de ça. », lance le chef pompier.

À son arrivée, il affirme que « ce n’était plus un champ, c’était un lac » qui séparait les sinistrés des pompiers, indiquant que ces derniers étaient rendus à la « mi-champs » avec l’Argo. Les voyant dériver, Cédric Châtigny aurait tenté de communiquer avec Régis, en vain. Il n’a pas essayé de le contacter par ondes radio. Deux minutes se seraient écoulées avant que les deux individus tombent dans la rivière du Gouffre.

Luc Dufour raconte sa version des faits

Le directeur des travaux publics de Saint-Urbain, Luc Dufour, a également témoigné, mercredi. Même s’il est pompier volontaire, il dit avoir porté ce chapeau qu’au moment où il a participé aux recherches de Christopher et Régis Lavoie. Il affirme avoir participé aux discussions entourant l’utilisation de l’Argo de Régis. « Ce que je me rappelle, c’est qu’ils [Cédric Châtigny, Régis Lavoie et Christopher Lavoie] se rejoignaient chez Régis. », a raconté Luc Dufour.

À un certain point, il dit recevoir un appel de Cédric Châtigny, qui lui demande d’aller chercher « un sac de cordes ». Les deux hommes se donnent rendez-vous près du 5-C route 138 pour l’opération de sauvetage. Luc Dufour est le premier arrivé. Une fois sur place, il tente de contacter Régis Lavoie, qui répond. « Il me disait : moi je suis là, pi je te vois. Moi je ne voyais pas Régis. », lance-t-il. Quelques instants plus tard, il voit l’Argo quitter la rive. Jugeant qu’il ne « peut pas intervenir au niveau de Régis » à ce point-ci, il quitte pour « une urgence au centre du village », précisant avoir oublié l’urgence. Il aurait ensuite croisé Cédric Châtigny sur la route une minute plus tard. « Les gars sont déjà partis, mais ça l’air de bien aller », aurait dit Luc Dufour à Cédric Châtigny par ondes radio. Luc Dufour est reparti sans remettre les cordes que le chef pompier avait demandées.