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« On a même pensé à s’enlever la vie » : Linda Simard et Yvan Lavoie brisent le silence

Écrit par Louis-André Jalbert Date : 5 juil. (17H00)
À la une Saint-Urbain
Linda Simard et Yvan Lavoie, les deux résidents auxquels Christopher et Régis Lavoie ont tenté de porter secours dans la journée du 1er mai 2023, ont accepté de parler aux différents médias à la fin de l’enquête publique.

Le couple qui habitait le 5-C, route 138, dit carrément avoir vécu « un enfer » à la suite des événements, non seulement parce qu’ils avaient vu la dérive des deux pompiers, mais parce qu’ils ont vécu avec le jugement de toute une communauté. « Il y a même une caissière à l’épicerie du village, le lendemain matin […], elle a refusé de nous servir. Elle déjà, dans sa tête, on était coupable sans qu’elle ne sache rien de ce qui s’était passé. »

C’est qu’un narratif s’est répandu à travers les citoyens de Saint-Urbain comme quoi le chef incendie Cédric Châtigny et son équipe avait donné l’ordre d’évacuation à Mme Simard et M. Lavoie. Aujourd’hui, ils n’ont pas peur de dire que cette version des faits est « complètement fausse » et qu’ils ont déposé des preuves concrètes pour appuyer leur version des faits lors de l’enquête. Ils ont d’ailleurs accepté de participer à l’enquête de façon volontaire « pour entendre ce qui se disait sur nous » :

Les effets de ces « ragots » ont été dévastateurs pour le couple, au point que Linda Simard dit en avoir fait un infarctus. Elle confirme même que son conjoint et elle ont pensé à s’enlever la vie pour mettre fin à toute cette histoire. Aujourd’hui, elle souhaite seulement que la vérité remonte à la surface dans le rapport final de la coroner Me Andrée Kronström :

Linda Simard et Yvon Lavoie n’ont pas manqué une journée d’audience de l’enquête publique. Ils se disent d’ailleurs satisfaits du travail du bureau du coroner, ainsi que de la CNESST au travers des différents volets. « Ç’a été nos anges, lance M. Lavoie. C’est eux qui nous ont soutenus l’été passé. Ils nous ont compris. », répond-il.

« On avait tellement besoin d’aide, mais on a été abandonné. On était des sinistrés. On a eu des pertes et des dommages pour plus de 150 000 $. », poursuit Linda Simard.

À savoir s’ils comptent entamer un recours judiciaire, Mme Simard confirme avoir été approchée. Cependant, il faudra attendre le rapport de la coroner Kronström avant d’en arriver à une décision. « On n’est pas là pour le moment et, de toute manière, il n’y a aucun, aucun montant d’argent qui peut compenser le mal qui nous a été fait. »

Plusieurs contradictions dans le témoignage du chef incendie de Saint-Urbain

Rappelons que les contradictions entre le récit de témoins comme Linda Simard, Yvan Lavoie, Stéphanie Dufour, technicienne en administrative de Saint-Urbain, et Sylvain Girard, conseiller municipal, comparativement au récit du chef du service incendie de Saint-Urbain, Cédric Châtigny, étaient nombreuses au cours du volet factuel de l’enquête publique.

Lors de sa représentation finale, Me Valérie Savard, avocate de la municipalité dans ce dossier, a indiqué une fois de plus que les résidents avaient refusé d’évacuer leur résidence, même si ces derniers nient complètement ces allégations. « Nous on a recueilli les témoignages des gens des services incendies de Saint-Urbain, la version a toujours été la même, dit Me Savard. De remettre toutes les pendules à l’heure exacte, et puis la meilleure preuve, ça va demeurer les déclarations écrites qui ont été déposées au dossier, parce que c’est contemporain. »

Linda Simard répond que les relevés téléphoniques demeurent la seule preuve qu’ils n’ont jamais reçu d’appel de M. Châtigny à 10 h 30 pour un avis d’évacuation, comme l’a martelé Me Savard.